vendredi 20 février 2026

Leona Constantia : du XVIIe siècle aux Jeux olympiques d’hiver 2026

 


Dans le paysage historique et symbolique de la franc-maçonnerie, comme dans bien d’autres traditions initiatiques, la présence et la contribution des femmes ont souvent été reléguées à l’ombre des récits dominants. Pourtant, depuis les alchimistes des siècles passés jusqu’aux loges mixtes contemporaines, les Sœurs ont joué — et jouent encore — un rôle essentiel dans la quête de connaissance, de transformation et de lumière.

À travers des figures comme Leona Constantia, je souhaite mettre en lumière ces femmes qui, par leur savoir, leur courage et leur persévérance, ont marqué l’histoire de l’ésotérisme et de la pensée initiatique.

En effet, au cœur du XVIIe siècle, une figure énigmatique se distingue dans le monde de l’alchimie : Leona Constantia. Auteure du traité alchimique Sonnenblume der Weisen (Le Tournesol des Sages), publié pour la première fois en 1704, son identité reste entourée de mystère et de débats parmi les historiens.

Une identité controversée

Certains chercheurs, comme le chimiste écossais John Ferguson (1837-1916), suggèrent que Leona Constantia serait en réalité un pseudonyme de Jane Leade (1623–1704), une mystique anglaise dont les autres écrits ne traitent pourtant pas de chimie. D’autres, comme les alchimistes allemands Johann Friedrich Henkel (1678–1744) et Johann Friedrich Gmelin (1748–1804), la décrivent comme une noble originaire de Clermont-Ferrand, en France, évoquant même le titre de baronne. Plus récemment, des recherches ont proposé qu’elle pourrait être Sophie Elisabeth von Clermont, une hypothèse qui reste à confirmer.

Son œuvre : Le Tournesol des Sages

Sonnenblume der Weisen est un traité alchimique qui, comme son titre l’indique, utilise la symbolique du tournesol — plante qui suit la course du soleil — pour évoquer la quête de la pierre philosophale et la transformation spirituelle.

Son livre de 136 pages propose des instructions pour préparer la pierre philosophale ainsi que des avertissements éthiques et des aveux des « erreurs » de l'auteure.

Postérité et reconnaissance artistique

En 2026, l’artiste allemand Anselm Kiefer a rendu hommage à Leona Constantia en l’intégrant à sa série The Women Alchemists, exposée à Milan lors des Jeux Olympiques d’hiver. Cette reconnaissance tardive souligne l’importance de son héritage dans l’histoire de l’alchimie et de la pensée ésotérique.

Pourquoi s’intéresser à Leona Constantia aujourd’hui ?

Son histoire pose de réelles questions sur l’identité, la transmission du savoir et la place des femmes dans les sciences occultes. À une époque où l’alchimie était majoritairement dominée par des hommes, son œuvre témoigne d’une quête spirituelle et intellectuelle audacieuse.

Références et pour aller plus loin

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